Journal de la marche Nord Pas de Calais

Roubaix, Calais... Houdain
jeudi 28 avril 2005
par  le réseau d’AC !

Concert de soutien àla marche : samedi 30 avril àHoudain, salle de la mairie.

Occupations àRoubaix.

La marche « contre la précarisation de nos vies  » se poursuit dans le Nord-Pas-de-Calais. Hier matin, le siège régional de Nord-Eclair àRoubaix a été occupé, en solidarité avec Jacques qui vient d’être licencié par le quotidien du groupe Dassault, en raison de son engament syndical àla CNT.

Au terme de deux heures d’occupation et de perturbation du CE qui se réunissait au même moment, une délégation composée notamment de représentant de la CNT communication de Béthune, et de l’UL CNT de Béthune, a finalement été reçus par le directeur de publication. A ce jour, un recours devant la juridiction prud’homale pour contester la « gravité  » de la faute imputée àJacques est au menu !

L’après-midi, c’est dans un climat des plus tendus qu’une étude d’huissiers a été envahie àRoubaix toujours... Appareil photos abîmé, altercation provoquée par l’un des huissiers en question connu pour son inflexibilité, ses outrances et la violence de ses auxiliaires ! Une dizaine de voitures de police ont bloqué la rue, après que les manifestants aient été neutralisés àl’intérieur !

Intervention de policiers munis de flash-ball àl’intérieur, prise des identités... Au bout d’une heure d’occupation, les manifestants sont sortis sans encombre en présence des caméras de France 3.

L’huissier a menacé de porter plainte contre l’ensemble des manifestants àtitre individuel... Présence de camarades de la CNT Béthune (communication et sans-emplois), du STIC et du SSEC CNT de Lille.


Calais : des beffrois... et des hommes

N’accompagnant pas la délégation des Marcheurs contre la précarisation de nos vies qui cherchaient àse faire recevoir du Maire de la ville afin de présenter leurs revendications soit :

  • mise àdisposition d’un point d’eau pour les réfugiés
  • recherche d’améliorations concrètes de leur situation dans la ville
  • implication de la municipalité

Je n’ai rien vu de leur rencontre, je ne suis pas montée dans les étages.

Je n’ai rien vu de tout cela, située àl’extérieur, place de l’Hôtel de ville. Je me trouvais devant les portes verrouillées sur les questions posées, le collectif, devant les portes closes par la même occasion pour un « usager  » en quête du service administratif qui lui permettrait d’obtenir sa carte d’identité, àmes côtés un journaliste ayant oublié « de quoi prendre des notes  » et obligé de regagner sa voiture pour y chercher le dit matériel.

Hôtel de ville, barricadé de l’intérieur, envahit de forces de police...

Au bout du compte, au bout du tour de l’imposant édifice accompli pour chercher quelqu’un susceptible d’ouvrir, après un bref échange avec une occupante àdemie cachée derrière fenêtre et volets entrebâillés, le journaliste fut autorisé àentrer...la presse a sans doute des entrées privilégiées eu égard peut-être ... àsa capacité àgénérer l’unification désirée par les pouvoirs communaux...

Pour les autres, pour moi : « Circulez, il n’y a rien àvoir !  ».

Eh bien si justement il y avait àvoir :

  • un Hôtel de ville : « cage de béton armé recouverte de briques rouges » qui lui permis de résister aux bombardements de la guerre 40.
  • un Hôtel de ville et son impressionnant beffroi de 75 m de haut, arborant pour la circonstance de cette « visite non annoncée  », une bannière affichant par intermittence selon les rafales du vent de mer : « CSP 59 : Régularisation de tous les Sans Papiers  »
  • un Hôtel de ville que des élus bien intentionnés tentent de faire classer au « Patrimoine de l’Humanité, au Patrimoine mondial de l’Unesco (qui pour mémoire signifie :
    « Organisation des Nations Unies pour l’Education, la science et la culture  »). Organisation en charge de préserver les Héritages des trésors du passé aux générations futures comme par exemple des édifices àla signification universelle exceptionnelle !

C’est évident... la Municipalité est impliquée en cette affaire, elle cherche comme tout ceux qui l’ont fait avant eux às’affirmer via cette authentique parure flamande, à« afficher la reconnaissance du pouvoir communal s’érigeant face aux différents pouvoirs menaçants...  » Verdict attendu pour juillet 2005.

Pendant que le regard s’éloigne de cet ostentatoire édifice public, dans un espace envahi d’ une musique qui déraille par moments, une sono tente d’occuper par le volume sonore cet endroit vide de toute humanité, la voix d’un rappeur scande :

« Le patrimoine n’existe plus, on l’a dilapidé. Il faut repenser tout àla base : Révolutionner !  ». Quelques accords d’une mélodie africaine, nous parle mélange des populations, interaction des cultures...

Le carillon égrène 17 heures... Tulipes écarlates et pensées, en plates-bandes ordonnancées au cordeau, veillent comme des sentinelles silencieuses sur l’ordre des choses publiques. Un caméraman sort, tourner le film des absents, zoom... sur 4 drapeaux fichés sur le toit d’un véhicule militant... on y lit : Attac...CNT...AC ! ... Confédération Paysanne... Salam c’sur Merci l’Humanité ! Elle existe peut-être encore, elle est ici présente.

Le caméraman démarre àla hâte, reportage bouclé !

Contre-champ : àdroite, l’entrée « des Arcades  » murée de parpaings gris accroche, un panneau avant travaux, raconte l’histoire àvenir de la « restructuration d’un cinéma àCalais, il s’appellerait l’Alhambra. Eclairage 2005, resté sur place.

Plus loin, àdeux ou trois rues de là, quelques carcasses de béton armé, figées dans l’attente, derniers squelettes résistants et muets d’un vaste terrain débarrassé des bulldozers qui les ont dénudés...les vestiges involontaires de la défunte usine LU... 247 salariés concernés, restructuration du groupe DANONE. A cette époque le maire disait : « A Calais, on est des rebelles et on va le montrer [1] !  », bientôt ici se concrétiseront les nouveaux espoirs de redéploiements industriels ou immobiliers !

Plus loin encore, dans l’enchevêtrement des rocades urbaines, hangars portuaires et lieux d’exploitation industrielle, les clandestins sont tapis. Ils surgiront bientôt des néants pour se rassembler comme chaque jour pour le repas du soir...

Ils viendront tendre la main,
Mendier des vêtements,
De l’eau,
Une douche,
Des médicaments,
Quelques couvertures...entre deux rafles...

Au large sans doute... l’imperturbable ballet des ferries. Que sait-on des équipages qui les mènent ?

Demain, notre journaliste aura propagé le trouble diffamatoire dans la ville, jeté le doute sur la manière de dénoncer l’urgence humanitaire : « les militants du collectif auraient été violents !  »


Le 21 avril 2005, Marches contre la précarisation de nos vies àDunkerque : Marches sous « haute tension  »

11 h : Quelques militants de Transfaire AC ! Dunkerque et des journalistes rejoignent le collectif qui venant de quitter le Gymnase de Marck arrive joyeusement sur la place Jean-Bart.
Ils rapportent aux journalistes présents, le récit des journées précédentes.

12 h 30 : Repas àla permanence de Transfaire AC ! Dunkerque située àproximité

14 h : Départ àla hâte pour Grande-Synthe afin de rejoindre le Varlin ou est programmée une projection débat àpartir du film : « Amiante, le prix du silence  » de Daniel Cattelain.

Le collectif rejoint alors des syndicalistes de la CGT Arcelor, Sollac, des élus et des militants PCF (venus de la caravane qui circule ce jour dans la ville), le président de l’association des Veuves de l’amiante, des militants d’Attac Littoral Nord, des syndicalistes de Sud Collectivités et de la CFDT Territoriaux.
Les débats sont denses d’émotions et témoignages insupportables. Au fil des interventions, se révèlent l’ampleur des dégâts sanitaires et sociaux occasionnés par l’amiante.

NON, elle ne concerne pas seulement les sites industriels désignés traditionnellement dans les reportages d’actualités, elle concerne aussi la vie quotidienne de chacun. Des hommes et des femmes en meurent chaque jour : 10 morts par jour, 3000 morts par an actuellement en France, 100 000 prévus en 2025, nous sommes actuellement encore « au creux de la vague  ».

Chacun peut y avoir été exposé et mis en contact par :

- des plaques de cuisson, des revêtements de tables àrepasser, l’utilisation de colles servant àposer des dallages plastifiés, des mastics, des cloisons d’immeubles publics, des caves floquées, des cloisons d’immeubles d’habitat collectif, les écoles, salles de sport...
- Â« il neigeait de l’amiante dans la construction navale  »...

L’amiante est omniprésente dans notre environnement soit environ 74 kg par habitant. (loi Fauchon)
Sa nocivité est connue depuis un siècle déjà, on a laissé faire « car çàne concerne que des salariés  » on a laissé faire pour se laisser développer les profits, les intérêts économiques et industriels.

Que vaut aujourd’hui la vie d’un salarié ?

Les luttes ont démarré àDunkerque en 1997 mais n’aboutissent pas. Pour éviter que çàne se termine en un drame sanitaire « sans coupable, sans responsable  » comme dans les procès du sang contaminé, pour parvenir àdes reconnaissances de responsabilité au pénal, demander aux employeurs de répondre de leurs actes, une nouvelle forme de lutte s’est mise en place àDunkerque : la marche des veuves de l’amiante.

Principaux thèmes abordés lors des débats :

  • On ne meurt pas de l’amiante « on en crève  »

On meurt en cherchant désespérément àrespirer, appareillé, réduit àl’état d’un squelette (30 kilos), avec toute sa lucidité et étouffé, dans des souffrances atroces.

  • Témoignages

Sont dénoncés successivement les responsabilités des médecins du travail, des DRH « on n’a pas tiré les leçons  »
Les détournements de départs en retraite anticipés, de personnels considérés comme concernés par ces situations, l’ abus de licenciements imputés àcharge de l’Etat.

  • Précarité et conditions de travail aggravantes

Sont désignées les nuisances, sur les personnels, sur les habitants :

    • des usines d’incinération
    • celles subies par les personnels agents des collectivités : éboueurs, employés d’espaces verts, personnels affectés àl’assainissement (durée de vie moyenne 48 ans)
    • le précariat renforçant l’absence de « traçabilité des risques, l’absence de contrôles, l’absence de médecine du travail, l’absence d’inspection du travail...
    • le report des risques sur d’autres causes : l’usage des rayons X, agriculture industrielle, les bâtiments en fibro-ciment, les fibres céramiques, les éthers (ou esthers ?) de glycol...
  • Etat des lieux

Remise en cause des choix de développement industriel.
Autant on peut commencer d’aborder ces questions dans le privé autant il est encore impossible de le faire dans les Services Publics.
Des élus refusent d’apporter des réponses aux questions portées par les syndicalistes.
Des interpellations d’élus d’opposition restent lettres mortes.
Des désamiantage « pirates  » sont effectués àla hâte, par des sous-traitants d’entreprise, non contrôlés, des personnels précaires, non informés des dangers, des risques avec le souci des économies sur ces travaux.
Les problèmes sont similaires rapportés àl’usage des pesticides, produits phytosanitaires dans l’agriculture dite « raisonnée  » on entretient le public dans l’illusion de la maîtrise des risques. Or les décès par ces causes représentent 1/3 des cancers.

  • Recours
    Des lois existent mais il faut parvenir àlever la chape de plomb posée sur ces questions.
    Il y a des obligations àrépertorier et porter àla connaissance publique les sites concernés par l’amiante.
    Les coà»ts d’investigation seraient extrêmement élevés et constitueraient des freins àleur mise en oeuvre
    Des mesures d’air devraient être réalisées (non appliquées).

Il faut réfuter les seuils de non dangerosité proclamés. Ils seraient faux : auparavant situés autour de 2 fibres par cm3 d’air, actuellement ramenés à0,1 fibre/cm3.

  • Moyens d’action, protection des salariés

Des interventions sont possibles dans le cadre des CHS (mais démarches consultatives uniquement), des CHSCT (actions plus pertinentes, des syndicalistes cependant se voient menacés de licenciements ou n’ont pas accès aux informations)
Les salariés peuvent user de leur « droit de retrait  » mais en faisant appel àdes délégués syndicaux pour qu’ils ne soient pas exposés directement àdes situations de licenciements

  • Conclusion

Globalement 3 axes àretenir :

    • Diffuser de l’information la plus large possible auprès des publics, des salariés, parents d’élèves
    • Améliorer les conditions d’indemnisation des victimes de l’amiante, de leurs familles
    • Porter des revendications pour exiger la mise en place des législations existantes, et revendiquer de nouveaux droits.

« Il faut rompre le silence. Tout le monde sait, tout le monde se tait. Il faut que des gens se lèvent, il faut oser se révolter par rapport àçà. C’est insupportable. »

Après la clôture des débats, des rendez-vous sont pris au plan local pour prochainement donner suite aux actions.

18 h : Le collectif reprend sa marche dans les rues de Grande-Synthe, distribution du journal des marches aux personnes rencontrées. Retour sur Dunkerque, visite rapide des sites portuaires et industriels.

Quelques moments de détente en Bord de Plage, les Sud Solidaire offrent un pot et ravitaillent le collectif en boissons pour la soirée, c’est cette fois, la contribution de convivialité qu’ils nous apportent. Merci àtous.

20 h : Retour au local de Transfaire AC ! Dunkerque pour le dîner.

Les conversations se concentrent ànouveau sur les événements qui se sont déroulés hier àl’hôtel de ville de Calais, les articles de presse s’y rapportant, les commentaires de journalistes.

Le collectif décide alors de s’atteler àl’écriture d’un droit de réponse qui sera adressé au journal Nord Littoral pour publication d’un article « tendancieux  » . Temps de réflexion mais aussi moments rares du plaisir d’écrire àplusieurs voix. Notre « vétéran militant  » dédicace son portrait épinglé au mur de du local d’AC ! c’est sà»r on se souviendra longtemps de son « expertise militante  », de sa rationalité décapante.

1 h du matin : après quelques « errances urbaines  » semble-t-il coutumières en soirée, hier déjà... le groupe arrive àla Ferme Caudron : gite de nuit gracieusement mis àdisposition des marcheurs par la ville de Grande-Synthe. Les lits sont accueillants... la nuit sera bonne mais vraisemblablement jugée bien courte !

Cap sur Arques pour demain.

par Dominique Gauthier


Des nouvelles de la marche des Ch’ti

Samedi 16 avril àCourcelles les Lens, nous étions une dizaine de marcheurs (4 sans papiers, 1 paysan, 1 militante du collectif de soutien aux réfugiés C’sur, 3 chômeurs et 1 salarié), invités par Attac Artois, pour rencontrer les militants de « Métaleurop  » qui nous ont parlé de leur lutte. Le maire, qui a mis ànotre disposition une salle dans sa mairie, a assisté aux débats ainsi qu’àla projection des films « Germinal 2003  » et « Lundi Investigation  ».

Les ouvriers de Métaleurop regroupés au sein de l’association « ChÅ“urs de fondeurs  » nous ont fait l’historique :

850 salariés ont perdu leur emploi suite àdes actes qu’on peut qualifier de mafieux : « Glencore  », multinationale possédant 32,99 % des actions de Métaleurop qui a son siège en Suisse, s’était emparée des richesses, du savoir-faire et des clients de l’usine métallurgique pour les transférer àl’étranger. Et, puisqu’un actionnaire minoritaire peut légalement gérer une multinationale sans en porter la responsabilité humaine et environnementale, l’association « ChÅ“urs de Fondeurs  » a bien des difficultés àfaire reconnaître les préjudices subis face àla justice. D’autant plus que Glencore a les moyens de se payer une multitude d’avocats. Le procès, gagné àDouai en première instance, a été perdu en cassation àParis ce 19 avril.

Il convient de rappeler, par ailleurs, que l’ancien PDG de Glencore, escroc recherché aux Etats-Unis, avait été condamné à325 années de prison avant d’être gracié par Bill Clinton quelques heures avant son départ de la Maison blanche.

Si l’association ChÅ“urs de fondeurs a permis àla moitié des salariés de retrouver du travail, 400 personnes restent toujours sans emploi. Nous avons apporté nos arguments et notre soutien aux anciens salariés de Métaleurop.

Notre groupe de marcheurs s’est ensuite rendu àArras pour être hébergé par la CSF (Confédération syndicale des familles).

Dimanche 17 Avril, paysans de la confédération paysanne, militants du Collectif contre la répression syndicale et militants d’AC ! ont préparé une petite fête àMorchies pour célébrer la victoire d’une action juridique en matière de foncier : l’acquisition d’une parcelle de 20 ha pour un petit paysan face àun propriétaire exploitant 110 ha. Afin que d’autres aient le courage de mener àbien leurs propres luttes, il est nécessaire de faire connaître ce type de victoires. Dans cette affaire, la Cour d’appel de Douai avait donné raison au petit paysan en lui accordant un bail au détriment d’un gros agriculteur.

A la fin de la journée, nous nous sommes retrouvés autour d’un barbecue sur la place d’un quartier populaire d’Arras afin de parler avec les habitants. Il y a même un commerçant qui nous a offert 5 poulets.

Le lundi 18 avril au matin, des tracts ont été distribués au Conseil général pour dénoncer son engouement àfinancer les mesures d’accompagnement de la précarité plutôt que de soutenir ceux qui s’opposent au système. L’accueil a été plutôt froid...

Nous sommes ensuite arrivés àRoë llecourt pour une marche jusqu’àSt Pol organisée par la CGT, Attac Artois et Etape Chômeurs. France 3 et d’autres journalistes étaient présents. Arrivés àSt Pol, nous avons occupé la mairie afin d’interpeller le maire socialiste au sujet de son refus d’héberger les marcheurs. Il lui a été aussi reproché de ne pas prendre ses responsabilités quant àla diffusion d’informations auprès de ses citoyens sur les pratiques de la multinationale Nestlé, propriétaire de l’usine Herta. Visiblement, le maire se contente de se plier aux désirs de Herta. Son refus d’accorder aux marcheurs un quelconque soutien n’avait donc rien d’étonnant. Néanmoins, nous l’avons obligé àmettre ànotre disposition un gymnase et des douches. Un barbecue organisé par la Confédération paysanne et une distribution de tracts ont eu lieu devant l’usine Herta pour une rencontre avec les 800 salariés dont quelques dizaines seulement sont syndiqués et osent faire front face àla précarisation du travail : salaires au smig, contrats précarisés, intérim, conditions de travail dégradées... On assiste peut-être au prélude de la délocalisation par Nestlé. Le soir, nous avons débattu avec une cinquantaine de St Polois autour du film « Les naufrageurs démasqués  », réalisé par Attac Roman.

Mardi 19 avril, après une nuit passée dans la salle des fêtes de Conteville, petit village près de St Pol, nous sommes repartis dans le Ternois pour tracter dans les villages.

Arrivés àHesdin, nous avons rencontré le Conseiller général et une journaliste de la Voix du Nord pour parler de la disparition des paysans, du RMA et du RMI.

La caravane des marcheurs s’est rendue àl’hôpital de Berck pour rejoindre les membres de Sud Santé dans leur local. Le combat de trois militant(es) de l’hôpital est exemplaire : malgré la répression de la direction et son harcèlement lors des élections pour empêcher le démarrage de la section, Sud Santé a obtenu 25 % des voix.

En effet, face aux cas de morts suspectes, aux malversations de la direction connues de tous puisque relatées dans la presse locale, le syndicat Sud a osé s’opposer àla directrice et au médecin chef qui ont utilisé tous les moyens pour faire taire les militants. Les 3 syndicalistes ont dà» faire face àun jugement défavorable et feront appel le 19 mai àDouai.

Nous avons passé la nuit àStella Plage.

Mercredi 20 avril, nous sommes arrivés àBoulogne. Devant le tribunal, des lycéens apportaient une pétition au procureur suite aux gardes àvue de 24 heures subies par 2 de leurs camarades après des manifestations. L’un d’entre eux qui a filmé des CRS risque 3 ans de « mise àl’épreuve  », c’est nouveau, ça vient de sortir (Perben). Le procureur les a, paraît-il, rassurés en leur disant qu’il n’y aurait rien sur leur casier. De plus, les lycéens ont trouvé un avocat qui leur a assuré que l’on pouvait filmer des CRS pendant une manif. Ils étaient plutôt optimistes, bien que conscients des nouvelles lois qui peuvent maintenant faire de n’importe quel manifestant un hors la loi.

Notre présence était un symbole fort de la répression du mouvement social.

L’après midi, les marcheurs accompagnés de quelques calaisiens ont occupé la mairie, obligeant 2 adjoints au maire àles recevoir pour demander le soutien de la commune aux réfugiés (logement, nourriture). Le dialogue a été difficile. Nous sommes ressortis avec un papier signé sur lequel ils s’engageaient àen parler lors du bureau du Conseil municipal... Le soir, un repas a été organisé avec les réfugiés qui vivent dans des conditions inhumaines : ils mangent et dorment par terre, ne peuvent pas se laver et sont matraqués en permanence par les crs qui vont jusqu’àgazer leurs vêtements de rechange. LA HONTE !


[1site : www.rtl.fr le 29.03.01.


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