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NI CPE, NI CIVIS, ON VEUT VIVRE !

lundi 10 avril 2006


A l’heure ou l’on va nous remplacer le CPE par un toilettage des mesures
destinées aux jeunes les plus en difficultés et notamment le CIVIS, il est
peut-être temps de se pencher sur ce dispositif qui est très proche d’un
RMI au rabais, avec toutes les contraintes que ça implique.

Quelques rappels :

Le CIVIS n’est pas un contrat de travail mais une sorte de contrat
d’insertion
destiné aux jeunes de moins de vingt cinq ans non scolarisés :
il s’agit d’un contrat individuel passé entre un référent ( la mission
locale ou la PAIO le plus souvent ) et le jeune.

Du côté "avantages" : une contrepartie en termes de revenu : la grosse
différence avec le RMI est qu’il ne s’agit pas d’un montant fixe mais
d’une somme allouée mensuellement en fonction des périodes de travail ou
de formation du jeune.

Tous les mois , la possibilité d’un revenu est donc revue par le référent :
il s’agit d’une possibilité et pas d’un droit.

Le montant maximum est de 900 euros par an : mensuellement , donc un
maximum de 75 euros si le contrat est prévu pour un an .


En effet l’aumône est soumise àcondition : pendant une première période
atteignant au maximum trois mois, un contrat est élaboré entre le référent
et le jeune : ce contrat fixe des objectifs de retour àl’emploi accompagné
d’obligations diverses : celle d’abord de se rendre au minimum une fois par
mois ( ça vous rappelle quelque chose ?), àla convocation du référent,
celle ensuite d’accomplir diverses démarches et d’accepter éventuellement
stages, intérim ou autres formes d’emploi dans les secteurs sous tension.

Témoignage :

M. qui a vingt deux ans et a dà» arrêter ses études depuis deux
ans faute de moyens s’est retrouvée sans aucune ressource pour payer son
loyer et bouffer.A la mission locale, on lui a donc proposé ce CIVIS : à
peu près cent euros par mois plus des tickets de métro àla discrétion du
référent.

Dès le départ elle a prévenu celui-ci de sa volonté de trouver un boulot
qui lui rapporte suffisamment pour reprendre ses études.

Résultat : au bout de quatre mois, le référent qui avoue " avoir des
comptes àrendre en termes de résultat " se fâche et menace de couper les
vivres.En effet M. refuse de souscrire un CDI d’hôtesse d’accueil àtemps
partiel : en effet il s’agit de se rendre tous les jours àdeux heures de
son domicile au siège de la boite et de lààdivers évènements selon les
besoins du jour : les temps de transports ne sont évidemment pas rémunérés.

Donc, un revenu très faible et aléatoire plus un contrôle accru, voilàce
qu’est le CIVIS adopté dans les départements de droite comme de gauche :
il s’agit évidemment d’une forme de contrôle adapté aux jeunes précaires
"en difficulté " , ceux dont on a voulu masquer la mobilisation dans ce
mouvement sous l’étiquette " casseurs ", ceux dont a dit que pour eux un
CPE c’était mieux que rien.

A nous précaires plus âgés, d’utiliser notre savoir faire et notre
expérience du RMI et de l’insertion pour nous battre sur ce front là, ou
le droit du travail et la protection sociale ne sont plus qu’un lointain
souvenir, ou la gestion du contrôle est décentralisée àl’extrême ( il y a

tout un discours et des propositions de lutte commune àtenir aux
conseillers des missions locales souvent précaires eux mêmes et pas
beaucoup plus âgés que ceux qu’ils ont chargés de fliqués ).

A nous d’être conscients au quotidien dans nos luttes et nos permanences
de la nécessité pratique de ce combat si nous ne voulons pas que la
division entre précaires encore étudiants et les autres s’aggrave au
détriment du mouvement.


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