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Réflexions bisontines

La mondialisation et les salariés

dimanche 25 février 2007, par AC ! Besançon


LA MONDIALISATION ET LES SALARIÉS.

"Les salariés des pays avancés sont les grands perdants de la mondialisation." Information du journal "Le Monde" sur un rapport du chef de la multinationale bancaire Morgan-Stanley àDavos (janvier 2007).
"La mondialisation n’est pas un processus gagnant-gagnant pour tout le monde comme il est dit souvent. Cette enquête montre qu’au Nord ce sont surtout les détenteurs de capitaux qui y gagnent, pas les salariés."
"Normalement lorsque la productivité s’améliore les salariés touchent une partie des bénéfices, or c’est de moins en moins vrai."
"Le salaire médian stagne aux Etats-Unis depuis de très nombreuses années."
Nota ; en France le salaire médian n’a pas progressé depuis 6 ans, aux Etats-Unis depuis 20 ans.
Quelles en sont les causes ? Réponse de Morgan-Stanley :
"Les syndicats sont trop faibles pour obtenir une meilleure part du gâteau. Alors les revendications se tournent vers la classe politique, espérant qu’ils pourront changer cette situation."

65 MILLIARD D’EUROS.
D’après le Figaro du 24/01/07

Soit 4% du PIB (Produit Intérieur Brut), c’est le montant des aides que reçoivent les entreprises en France en une année.
Sous forme d’aides fiscales et d’allégement de cotisations sociales.
65 milliards d’euros c’est plus que le total du budget de l’ Éducation Nationale.
65 milliards d’euros c’est deux fois le budget de la défense ;
65 milliards d’euros c’est autant que toutes les dépenses hospitalières.

BORLOO REFUSE QUE L’INSEE
DÉVOILE LE POT AUX ROSES.

Le 26/01/2007, l’Insee décide de reporter la publication de l’enquête traditionnelle sur les comptes du chômage. Le nombre total pour l’année 2006 ne sera dévoilé qu’après les élections.
Raison officielle : "Des difficultés techniques" !
En fait, d’après les indiscrétions parvenues àcertains journaux, l’enquête indiquerait 9,2% de chômeurs fin 2006 contre 8,7% chiffre du gouvernement annoncé par Monsieur Borloo.
Déjàen février 2006 l’ensemble des syndicats des salariés de l’Insee dénonçait des pressions politiques sur les chiffres du chômage publiés par l’Insee.

"TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS"
(Nicolas SARKOZY)

Et il ajoute "Quelle drôle d’idée d’interdire de travailler plus pour gagner plus." "Pourquoi interdire de faire plus de 35 h par semaine ?"
Tout cela est hypocrite, faux et cache un mauvais coup de plus.
1. Le salarié n’a jamais pu décider de lui même de faire les heures qu’il veut, qu’elles soient supplémentaires ou pas. Toutes celles et ceux qui font des horaires de quelques heures à30 h par semaine en savent quelque chose.
2. Actuellement tout employeur peut faire faire 44 heures par semaine au lieu de 35 h pendant une durée de 12 semaines consécutives sans aucun problèmes. Ce n’est qu’au delàqu’il lui faut une autorisation administrative (hélas très facile àobtenir).
Sarkozy parle d’interdiction, c’est un menteur.
3. Faut-il rappeler que plus les salariés font d’heurs supplémentaires moins les employeurs embauchent, c’est pourquoi nous sommes pour la RTT
4. Chacun sait que l’employeur n’augmente l’horaire que lorsqu’il y a intérêt, des commandes supplémentaires ou des délais raccourcis.

Ce qui gêne le Medef et son porte parole Sarkozy ce ne sont pas les soi-disant difficultés provoquée par l’horaire légal des 35 heures, c’est tout simplement qu’ils ne veulent pas payer les heures supplémentaires un peu plus cher.
La cupidité est difficile a "vendre" aux électeurs alors Sarko dissimule tout ça en parlant "d’interdiction", "d’empêcher les salariés de gagner plus" et autres âneries.
Explications : 44 heures par semaine = 9 heures supplémentaires àpayer 25% de plus que le tarif de base, cela représente 5%de plus sur la paye totale mensuelle.
Sarkozy sait ce que veut le Medef : économiser ces 5%.
Comme homme politique il ne peut utiliser la brutalité du Medef, il a besoin de voix dépassant son camp.
Alors il propose : " Exonérer les heures supplémentaires de tous impôts et cotisations sociales (salariés, employeurs)." En clair Sarko dit aux salariés, vous aurez les 35 heures et vous ne paierez pas de cotisations sociales sur ces heures là. Les employeurs non plus évidemment. Comme démago on ne fait pas mieux, tant pis pour la sécu, pour l’assurance chômage, pour la retraite, pour les allocations familiales etc…
Sarko : "Salariés je vous aime"
Et grâce àce "Salariés je vous aime", il peut dire au Medef : "Ça y est vous avez les heures supplémentaires àbon marché que vous vouliez, ça s’ajoutera aux 65 milliards d’euros de subventions que vous recevez déjàpar an. Plus je vous le rappelle une réduction (passée inaperçue des électeurs) de 35 à33,33% de l’impôt sur les sociétés."
"Bien sà»r la sécu, les retraites etc.. n’y trouveront pas leur compte. Ceux là, plus ils seront en difficulté plus on pourra exiger des réformes vous voyez ce que je veux dire"

SOLIDARITÉS.

Janvier 2007 Davos le rencontre annuelle des "maîtres du monde."

Angel Gurria (secrétaire général de l’OCDE) s’adresse aux entrepreneurs et dirigeants politiques européens : "Vous ne vous rapprochez pas des Etats-Unis, vous vous en éloignez. Ce qu’il faut àl’Europe, c’est moins de protections sociales et plus de liberté et de flexibilté pour les entreprises."
Ce discours est l’illustration de la logique criminelle du "libéralisme".
Pour gagner c’est àdire conquérir des marchés, être "compétitif" il faut : d’une part toujours s’en prendre aux salariés, àleurs protections sociales donc, leurs allocations familiales, l’aide en cas de maladie, la retraite, l’aide aux chômeurs etc…d’autre part accorder plus de facilités aux employeurs : facilité d’embauche, de licencier, de fixer les horaires, les salaires, les jours de congés etc…etc…
C’est aussi comme on l’a vu dans un autre document, payer de moins en moins en rapport de la richesse produite par les salariés.
Ce sont les entreprises qui exploiterons le plus l’homme qui gagneront, celles qui n’hésiterons pas àen rajouter dans la mutilation de l’être humain.

Nous affirmons que ces propos, ces encouragements devraient être considérés comme négationnistes de la condition humaine, considérés comme des propos esclavagistes et passibles du Tribunal Pénal International.

LA CUPIDITÉ SANS LIMITE.

La course des entreprises pour se soustraire àtoute solidarité, pour se soustraire àtoute participation et soutien àla démocratie est impressionnante.
(Document de 60 pages présenté en marge de Davos par des représentants de la confédération syndicale mondiale le 25/01/07).

1. Impôts sur les sociétés.
Partout dans le monde les entreprises exercent de formidables pressions sur les gouvernements pour se soustraire àl’impôt.
En moyenne : de 45% en 1985 l’impôt sur les sociétés est passé à28,5% en 2005. Une véritable course a lieu au sein de l’Europe pour favoriser les délocalisations c’est àqui les baisse le plus :
§ France : 33.3 %
§ Allemagne : 25 %
§ Slovénie : 25 %
§ Pologne : 19 %
§ Hongrie : 18 %
§ Irlande : 12.5 %

2. Les zones franches : les zones dans lesquelles les taxes sont quasi nulles se sont multipliées dans le monde de 85 en 1998 elles sont passées àplus de 5000 en 2004.

3. Les paradis fiscaux : permettent de soustraire d’énormes quantité de fric àl’impôt. Même avec 28 % de moyenne c’est encore trop pour ces rapaces alors les filiales dans les paradis fiscaux, c’est leur boulot cacher le fric. On en dénombre 73 actuellement (Les îles caïmans sont célèbres). En Europe : Guernesey ; Gibraltar ; le Luxembourg sans compter le Suisse, le Lichenstein etc…

Exemples : Boeing 31 filiales, Morgan-Stanley 2 filiales en 1197 99 en 2005.

L’impôt sur les sociétés représente désormais moins de 5 % du PIB dans la plupart des pays. Bien sà»r la pression fiscale s’accroît pour les autres, particuliers, salariés et même les PME.
Ah on allait oublier, le plus grand coup du libéralisme : les salaires ont baissé de 11 point de PIB au cours des 25 dernières années.

EN RÉSUMÉ

Le problème majeur aujourd’hui n’est pas de travailler plus mais de travailler tous.
Répartir le travail
Ne plus accepter des horaires qui n’en finissent plus pour certains et pour les autres passer son temps àchercher un emploi, un horaire de travail, permettant tout simplement de vivre.

Le problème majeur aujourd’hui n’est pas de produire encore plus, toujours plus mais de répartir mieux les richesses produites.

En 1985 les dirigeants d’entreprises s’octroyaient en moyenne 3 % de la masse des salaires versés dans l’entreprise.

En 2005 c’est un peu plus de 10 % sans compter les parachutes en or en cas de licenciement.

Les prêteurs de capitaux obtiennent une rémunération en moyenne de 16 ;6 % l’an de la somme prêtée. Alors que la croissance de biens est de 3 %.

La cupidité des rapaces que sont les actionnaires et les dirigeants des grandes entreprises entraîne notre civilisation àsa perte.


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