UNÉDIC : une victoire qui en appelle d’autres ?

Dijon
mercredi 5 mai 2004
par  AC ! Dijon

Après plusieurs mois de mobilisation, les recalculé-es vont d’être rétablis dans leurs droits !

C’est suite au refus gouvernemental d’interdire l’application du recalcul avant son application que les chômeurs ont déposé les premières plaintes.

La condamnation par le Tribunal de Marseille de ce principe de recalcul de droit ouvert avait redonné espoir àtous les salariés sans emploi. Les plaintes se multipliaient.

En luttant avec détermination contre l’arbitraire et l’injustice, ces chômeurs ont finalement gagné contre les organisations complices de ces amputations de droits, syndicales ou patronales.

Reste maintenant àvérifier les conditions de mise en Å“uvre de cet arrangement. La suspension toujours partielle de la réforme de l’ASS nous enseigne la prudence : il y a urgence àrétablir dans leurs droits ces chômeurs. Une attention particulière sera portée aux différents organismes payeurs qui devront gérer - entre eux - les régularisations de paiements, sans dysfonctionnement, qui seront nombreux nous le savons.

Cette solution àla crise des recalculé-es est aussi une tentative de retarder celle de l’assurance chômage. Le régime des intermittents, les choix de financement sont des questions pour l’instant sans réponse.

L’arrangement est peut-être aussi le moyen d’éviter la censure du Conseil d’État demandée par les mouvements de chômeurs pour des raisons portant sur la légalité de l’agrément et celle de l’accord. Sont ainsi visées, les clauses concernant le recalcul des droits ouverts, la modification des filières d’indemnisation mais aussi sur le respect de décisions de justice déjàrendu par le Conseil d’État.

La nouvelle, annoncée par le Ministre, est le résultat de tractation de couloir où le MÉDEF tient son rôle moteur. De quel donnant-donnant nous menace-t-on ? Le choix de financer cette mesure par le simple report du paiement d’une dette envers l’Etat est un moindre mal pour le patronat.

En contrepartie de son respect des décisions de justice, obtiendra-t-il du gouvernement le durcissement du contrôle des chômeurs ? D’une mise au RMA obligatoire sous peine de se voir radié de l’indemnisation ?... etc.

Ces chômeurs nous rappellent que la lutte sociale peut payer ! La lutte sociale doit s’affirmer encore plus !

le système d’indemnisation actuel est àbout de souffle. Sa refondation est àl’ordre du jour.

Le Gouvernement doit inviter àla table de négociation toutes les parties concernées et donc, surtout, les mouvements de chômeurs.

Avec l’APEIS, le MNCP et la CGT Chômeurs, avec tous ceux et celles qui savent l’enjeu d’une protection sociale de qualité pour s’opposer àla précarisation, le réseau des collectifs AC !, mobilise notamment pour l’indemnisation de toutes les formes de chômage, un revenu individuel ne pouvant être inférieur au SMIC mensuel, le libre choix de son emploi et de sa formation, la présence des chômeurs et précaires partout où se décident leur sort.

Cette nouvelle est une très bonne nouvelle mais ne masque pas le manque de justice sociale de ce gouvernement. Souvenez-vous de Monsieur BORLOO qui avait médiatiquement déclaré en 2003 loger 550 personnes sans abri en six mois, aujourd’hui en 2004 àpeine 5 % d’entre eux sont logés. Souvenez vous des déclarations de Monsieur Chirac annonçant la suspension de la réforme de l’ASS, reprise quelques jours plus tard par Monsieur Raffarin àl’Assemblée Nationale. AC ! 21 considère que les paroles s’envolent et que les écrits restent. Ce jour, aucune loi, aucun décret, aucune circulaire... Nous n’avons aucune confiance dans ces communicants qui nous mentent. Le PARE signé par le MÉDEF et la CFDT et agréé par le gouvernement s’applique toujours.

Nous savons que cet agrément signé àfait se suicider, divorcer, se surendetter,.... etc. des personnes, elles doivent faire (sauf pour celles qui ne sont plus là) condamner aux dommages et intérêts ceux qui ont signé ces décisions iniques.


Commentaires