1789 : abolition des privilèges - 2004 : plan d’insécurité sociale généralisé pour tous

Rhône
vendredi 16 juillet 2004
par  AC ! Rhône

communiqué du 14 juillet 2004

LE BRUIT ET L’ODEUR DU CHÔMEUR

Dans son allocution du 14 juillet 2004, M. CHIRAC profite des médias et de la légitimité que lui confère son statut de chef de l’État pour tenir des propos infamants àl’encontre de millions de personnes au chômage.
En déclarant que les chômeurs passent leur temps àrefuser « Ã©ternellement  » des offres d’emploi qu’on leur proposerait, le Président de la République Française tente d’opposer ceux qui travaillent àcelles et àceux qui n’ont pas d’emploi. Après « le bruit et l’odeur  » des immigrés en 1995, CHIRAC, démagogue, veut faire du chômeur le bouc émissaire de l’économie libérale.

NOUVELLE REMISE EN CAUSE DES MAIGRES DROITS DES CHÔMEURS

Sensé marquer le « virage social  » du gouvernement Raffarin III, l’avant-projet de loi de dérision sociale de M. BORLOO reprend quasiment àla lettre les propositions que le MÉDEF veut imposer depuis ces
dernières années : faire en sorte que les chômeurs se soumettent sans discuter aux lois du marché du travail telles qu’elles sont voulues par les patrons :

- contrainte après six mois de chômage d’accepter n’importe quoi, dans des conditions que les chômeurs ne pourront pas négocier (un emploi sans lien avec leur qualification, même hors de la zone géographique de ce
que l’on appelle généralement le bassin d’emploi, avec un salaire imposé, etc.) ;
- infantilisation, culpabilisation et punition des personnes en mettant en place un dispositif « d’accompagnement renforcé  » et de « sanctions
graduées  » en cas d’insuffisance de la recherche d’emploi, allant de la réduction àla suppression de l’allocation ;
- nouvelle prérogative de l’ASSÉDIC de sanctionner a priori les demandeurs d’emploi. Juge et partie, n’auront ils pas tendance àradier d’autant plus que le régime est en déficit (voulu) ?

DÉLOCALISATION... LOCALE

Cette attaque des droits des chômeurs fragilise encore plus la condition de tous les salariés. Les RMIstes vont être contraints d’accepter le RMA, les chômeurs de longue durée devront accepter le contrat d’activité, et
comme on vient de l’indiquer les chômeurs après six mois devront accepter ce qu’on leur propose. Dans tous les cas, ce qui est proposé, c’est du travail de moins en moins bien payé, avec une protection sociale de moins en moins assurée. Chez les salariés, ce qui s’est passé
chez BOSCH àVénissieux nous montre d’une autre manière ce mouvement : les salariés ont le choix entre le licenciement (chantage àla délocalisation) ou travailler 36 h au prix de 35 h !

La concurrence, la compétition généralisée comme unique modèle de choix politique (entre salariés, entre salariés et chômeurs, et entre chômeurs, entre pays industrialisés et émergents, entre régions, pays, etc)
va-t-elle faire en sorte que nous finissions par travailler ou chômer àn’importe quelles conditions, et sans plus aucune garantie de droits, afin de satisfaire au discours dominant pour la jouissance de quelques
privilégiés ?

Au chantage comme méthode de gouvernement de l’État et de gestion des entreprises, nous préférons et défendrons la démocratie et la solidarité.

Nous appelons les chômeurs, les précaires et les salariés àne pas « Ã‰TERNELLEMENT  » se laisser marcher sur le pieds en créant, en rejoignant des comités de lutte de salariés, de chômeurs...

Le collectif AC ! Rhône.


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