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Lettre ouverte au Président de la République

Reims

vendredi 16 juillet 2004, par AC ! RES


Monsieur le Président de la République,

Nous avons été profondément choqués par les propos que vous avez tenus concernant les personnes privées d’emploi lors de votre prestation télévisée en cette journée anniversaire et historique, le 14 juillet, qui a mis fin aux privilèges, aux oligarchies, au pouvoir absolu... Des femmes et des hommes épris de liberté, de justice, d’égalité, de fraternité se sont battus
apparemment en vain pour qu’un monde plus juste et plus solidaire voit le jour.
Vous avez profité de ce jour, fête nationale, pour stigmatiser 5 millions de chômeurs sur « l’hôtel de la cohésion sociale  » qui dans les faits et dans les textes s’avère être « un plan de régression sociale  ».

Vous parlez d’abus, ce vocable vous est peut-être familier, concernant celles et ceux qui ont été exclus de leur emploi, ou qui ne peuvent prétendre àun emploi en raison de critères particulièrement subjectifs. Mais àqui revient la faute.

Où se trouve pour vous citer « l’inacceptable  » quand les propositions d’emploi sont les contrats précaires, sous payés, tel que le revenu minimum d’activité. A qui profitent ces contrats ?

Où se trouve l’inacceptable, quand le MÉDEF exerce son chantage àl’emploi, baisse des salaires, avec les menaces de délocalisations, quand il ne les met pas àexécution. Quand le MÉDEF entend faire fi des 35 heures tout en gardant les avantages en ce concerne les aides et exonérations.

Où se trouve l’inacceptable quand l’Etat ne paie pas les cotisations sociales qu’il doit pourtant.

Où se trouve l’inacceptable lorsque que l’on dénombre 4 millions de salariés pauvres dans notre pays placés sous le joug de centaines d’actionnaires et de spéculateurs qui profitent sans rien faire du système.

Nous pourrions multiplier les exemples.

Pour revenir aux abus. Les personnes qui ont perdu leur emploi se sont assurées contre ce risque. Elles ont cotisé àl’assurance chômage. Leurs droits sont définis dans le temps, et ce temps a été injustement restreint à
la lecture des dernières conventions que les partenaires sociaux ont signées. Le salaire de remplacement n’a rien àvoir avec le salaire antérieur. Qui pourrait se satisfaire indéfiniment de cette situation aléatoire dont le terme est connu. Qui peut prétendre vivre dignement avec le RMI ?

La question de fond qu’il faut se poser c’est dans quel monde vivons nous.
Quelle est la place aujourd’hui du travail salarié dans notre société - Le revenu avec ou sans emploi - Produire pour qui, pour quoi, au profit et au
détriment de qui - Pourquoi les richesses sont-elles concentrées entre quelques mains - Cette économie de marché et ce concept sociétal sont-ils toujours viables. Quels sont les alternatives, les changements àapporter
pour contrer et briser un processus d’autodestruction. Et l’être humain dans tout cela : son épanouissement, son bien être, sa santé, sa vie.

Voici de véritables pistes de réflexion et de débats pour répondre aux enjeux de ce XXI siècle.

Aussi, monsieur le Président, àvous entendre, ce n’est pas en montant les uns contre les autres que la cohésion sociale s’établira.
Ce n’est pas en renforçant par des dispositifs coercitifs, l’exploitation de la misère que les choses s’amélioreront, et que les gens retrouveront confiance en eux et en l’avenir.
Ce n’est pas en faisant de la solidarité, de la générosité un « contrat  », que l’on augmentera les offres d’emploi durable. Quand je donne un pourboire
àun cafetier ce n’est pas pour qu’en échange il me cire les chaussures.

En conséquence, nous demandons l’abandon de ce projet dit de cohésion sociale qui n’a pour seul et unique but de contraindre les chômeurs sous menace de radiation et de suppression de leurs droits, afin de revenir sur
la décision du Conseil d’état dans l’affaire des « recalculés  ». (870 000 chômeurs devaient disparaître des chiffres du chômage, pour mémoire).

Enfin, contrairement au souhait de Jean Louis Borloo, nous, nous demandons une refonte du système de l’indemnisation chômage avec l’instauration d’une
cinquième branche de la sécurité sociale, ainsi que la représentation des organisations de défense des droits des chômeurs dans toutes les instances qui décident de leur sort.

Veuillez croire, monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre respectueuse considération.

P/RES
Le Président
Lelong Pascal


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