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La Croix-Rouge veut la peau d’un journal de chômeurs

procès de CQFD

dimanche 14 novembre 2004, par le réseau d’AC !

Audience le 16 novembre àla 17ème chambre du TGI de Paris à14 h.


Réalisé àMarseille par une équipe de chômeurs et de précaires, le mensuel politique et satirique CQFD s’est attiré les foudres vengeresses de la Croix-Rouge française. Offensée par un article intitulé « Une Croix-Rouge sous un képi bleu  », mettant en cause son rôle d’« accompagnatrice  » auprès des sans-papiers expulsés de France par vols
groupés, l’institution humanitaire a porté plainte pour diffamation contre CQFD. Elle nous réclame 65 000 €uros de dommages et intérêts, dont 30 000 €uros au seul bénéfice de son président, Marc Gentilini.

Ce tarif témoigne d’une confiance flatteuse dans notre trésorerie. Hélas, la Croix-Rouge a les yeux plus grands que notre ventre. Diffusé en kiosque àmoins de 10 000 exemplaires, fabriqué àl’huile de coude, sans capitaux ni subventions, sans salariés ni publicité, disposant de
recettes qui lui permettent tout juste de régler l’imprimerie, le loyer du local et l’apéro de bouclage, CQFD est sincèrement navré : il ne possède pas le dixième de la somme réclamée. La démarche de Marc Gentilini s’apparente donc àune tentative fort peu humanitaire de nous jeter àla rue.

Cet acharnement nous paraît d’autant plus surprenant que CQFD a publié en bonne et due forme le droit de réponse que Marc Gentilini lui avait adressé. Proche de l’UMP, médaillé de la légion d’honneur et membre du Conseil économique et social, le puissant président de la Croix-Rouge française serait-il àce point aux abois qu’il lui faille éliminer toute voix discordante ? À moins que son souhait de nous amputer la langue n’obéisse àun impératif humanitaire. C’est ce que semble suggérer un courrier signé de son chef de cabinet, Frank Delaval, dont le contenu a été reproduit dans notre numéro de septembre. Dans ce texte extravagant,
le bras droit de Marc Gentilini qualifie de « voyous  » notre équipe de bénévoles et constate : « CQFD n’est pas un journal de chômeurs, mais un produit exploitant l’inquiétude de personnes en difficulté  ». Ces dernières seront honorées d’apprendre que c’est en leur nom et pour leur bien que la Croix-Rouge française s’emploie àliquider un canard de
chômeurs, pardon, de « voyous  ». Une précision, quand même : nous acceptons aussi les chèques des lecteurs pas inquiets et pas en difficulté. Audience le 16 novembre àla 17ème chambre du TGI de Paris à14 h.

- Contacts « CQFD  » :


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