Mobilisations des piqueteros

Argentine
mercredi 11 février 2004
par  le réseau d’AC !

Depuis vendredi 6 février, le MIJD (Mouvement indépendant des retraités et des chômeurs) de Raul Castells et le Mouvement des Sans Travail (MST, du
parti d’extrème gauche MST) campent face au ministère du travail. Les protestations continueront mardi 10 avec une manifestation de la CCC (courant classiste combatif, du parti maoïste, PCR), tandis que jeudi est annoncée une marche du Bloc Piquetero National (organisations des partis d’extrème gauche).

Le dénominateur commun de ces mobilisations est l’obtention de Planes de travail (sorte de CES, en partie gérés par les mouvement de chômeurs). Le
gouvernement a affirmé hier que la baisse du nombre de bénéficiaires des Plans avait « Ã©té décidée pour donner une transparence au système  » et a assuré qu’il maintiendrait sa position. La décision officielle a été : « on ne réprimera pas mais nous ne donneront pas plus de Plans.  » Selon les chiffres du ministère du travail, « 130 000 Plans supprimés comportaient des irrégularités et 120 000 autres correspondaient àdes personnes ayant
retrouvé du travail.  » La norme àl’avenir « est de ne pas continuer àdistribuer ces allocations mais d’incorporer les chômeurs sur le marché du travail  » par l’intermédiaire du programme gouvernemental « Manos a la
Obra  » et aux « coopératives de Logements.  » « Le gouvernement n’agit pas sous la pression  » a affirmé le chef de cabinet de Kirchner qui considère « les revendications d’un autre âge (sic) et insupportables dans leurs formes.

Une chose est de vérifier les mesures prises une autre est de prendre un bâtiment et de couper une rue pendant trois jours : ceci est une pression que les argentins sommes (re sic) fatigués de tolérer.  » Les piqueteros
soutiennent pour leur part que les diminutions de plans laissent des chômeurs sans couverture. « Une réduction aussi importante n’obeit àaucun problème économique mais àune politique qui vise, comme le gel des
salaires des fonctionnaires, àremplir les conditions exigées par le FMI  » a affirmé Gustavo Gimenez (du MST) qui mène la grève de la faim avec Castells (du MIJD) dans le hall du ministère.

Quarante policiers surveillent le ministère et le ministre du travail, Carlos Tomada, a fait savoir qu’il se rendrait àson bureau aujourd’hui comme n’importe quel jour. De son côté, la CCC a annoncé une marche au
Congrès et des actes dans le pays pour mardi 10 février. Elle réclame l’annulation de la loi de flexibilation du travail, le refus du paiement de la dette publique, l’extension de l’augmentation salariale aux
fonctionnaires et une augmentation de 50 pesos du montant des Plans (qui est actuellemnet de 150 pesos/300 francs).

Nestor Pitrola du Bloque national piquetero a qualifié l’accusation « d’extorsion  » du gouvernement au sujet de l’action de ceux qui campent devant le ministère de « connerie  » et affirment que les autorités « sont
en train de préparer de nouvelles baisses de Plans de travail.  »

Pagina12 - 9 février 2004.

A noter également un campement du MTR (Mouvement Teresa Rodriguez) sur la Place de Mai face au palais présidentiel depuis jeudi 6 février. Ils réclament l’accomplissement de la promesse qui leur fut faite lors de l’occupation d’un terrain vide en plein centre de Buenos Aires, dans un quartier chic, de mise àdisposition d’un terrain pour construire des logements et une coopérative.

- Source : Indymedia Suisse.
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