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Chroniques berlinoises

Allemagne

mardi 30 novembre 2004, par le réseau d’AC !

Petit journal de deux militants d’AC ! en séjour àBerlin lors des « manifs du lundi  ».


LE 2 OCTOBRE 2004, journée :

Au bout de nombres kilomètres, les deux délégués AC !, sont arrivés dans la foire de la Porte de Brandebourg célébrant l’unité allemande retrouvée.
Apparemment les dates du 2 et 3 octobre n’étaient pas choisies par hasard.

En approchant du lieu de rassemblement, près d’Alexander Platz, nous ne voyons que peu de monde. Il est vrai que nous sommes en avance.

Au bout d’une heure d’attente nous constatons un léger mieux.
A ce moment là, Sylvain, qui connait mieux la mentalité allemande, m’explique que s’il a été décidé une heure précise, les manifestants viendront àl’heure dite. La suite lui a donné raison.

A 2 heures de l’après midi, nous notons la présence très importante du PDS (ex parti communiste), ainsi que celle de la FAU (anarchiste, équivalent de la CNT
française). Nous sommes surpris de cette présence. Des syndicats sont présents : tel IG Metal et autres.
Nous notons la présence des squatteurs, des gays qui traînent le capitalisme (voir photos), et au cours de nos pérégrinations, la volonté de certaines et
certains, notemment issus du Vénézuela, de créer des espaces autonomes dans le No-Man-Land du MUR.

Cette manif a duré environ 3 heures, et a rassemblé environ 40 000 personnes. Nous sommes arrivés àl’heure dite de rassemblement et l’avons suivi tout au long de son cours.
Comme nous avions un rendez-vous précis, nous avons respecté l’heure, et, avons constaté qu’à17 heures, quand nous avons pris le métro, il n’y avait plus personne.

SAMEDI 2 OCTOBRE, au soir :

Nous nous sommes rendu au rendez-vous donné par nos hôtes.

Heike et Jean-Luc avaient préparé un texte d’AC !, traduit en allemand.
Au cours de cette rencontre avec le MLPD, qui nous ont invité, la négociation du temps de prise de parole a été particulièrement ardue.
Cela a durée plus d’une heure. Nous y apprenons que notre temps de parole octroyé de 5 minutes devait être scindé en 3 parties.
Nous avons refusé cette situation.

DIMANCHE 3 OCTOBRE

Nous avons refusé la situation proposée , et, avons pu négocier qu’à« Kommun Paris Strasse  », (rue de la Commune de PARIS) le texte élaboré par AC ! puisse
être lu dans son intégralité, ce qui a été réalisé. C’était le point de départ de la marche EST.

Nous avons pu négocier la même situation sur « Alexander platz  », mais grâce ou àcause des manifestants enthousiasmés une partie fut abolie.
Les organisateurs furent obligés de rappelé AC ! au micro.
Par ailleurs, les media allemandes ont été obligé d’en tenir compte. Nous sommes la seule organisation étrangère àêtre citée dans la presse allemande.

Nous rappelons que cette manifestation était d’égale importance par rapport àcelle de la veille.
Nous avons constaté que de nombreuses personnes avaient fait les deux manifs. A notre avis, environ la moitié.

La question se pose : pourquoi deux manifs ?

Malheureusement, c’est la conséquence d’une appréciation politique et sociale.
Contre la loi HARTZ IV, le PDS cherche àse refaire des troupes et àse présenter comme responsable vis-à-vis du gouvernement.

Ce qui nous a surpris dans ces deux manifestations berlinoises est l’apparent désordre qui y règne.
D’habitude les militants défilent en rangs serrés de 8
à15 personnes.
Ce sont les premières auxquelles nous assistons dans ce pays qui dérogent àcette tradition.

Le fait que les manifestants, dans leur ensemble, refusant cet ordre établi, témoigne :
- Une forme de refus de la politique traditionnelle représentée par les syndicats officiels, les partis politiques traditionnels ;
- Une recherche, par eux-mêmes, d’autres voies àexplorer.

Pour nous deux, cela a été une bouffée d’oxygène.

Le fait qu’il y ait deux manifestations, témoigne de la division de la société allemande.

Vis-à-vis de la loi HARTZ IV : deux positions

1/ Une solution de compromis entre les patrons et les syndicats « dits représentatifs  » qui, dans un cadre traditionnel, veulent garder la main-mise sur les ouvriers, employés, cadres en développant une culture d’Entreprise.
2/ Une solutiopn radicale, avec des syndicats de combat qui se retrouvent dans certains partis politiques.

Cela nous interroge vis-à-vis du contact que nous devons avoir avec la sociale démocratie et les modèles « suèdois, danois, bref ceux du Nord, qui sont en collaboration avec le capital  ».
Il est constaté que les pays du SUD ont une autre culture. Culture de lutte de classe et de refus de collaboration avec le Capital.

S’il y a un axe Nord-Sud économique, il existe un axe Est-Ouest en Europe, de culture totalement différente, qui ne demande qu’àse développer.

Dans l’Est de l’Europe se développe un capitalisme sauvage ultra-libéraliste qui ouvre la voie àl’extrême-droite.
Le Nord de l’Europe, veut réduire, de façon drastique, ses prestations sociales (ex : Danemark, Pays-Bas).
Cela est déjàréalisé en Angleterre.
Le Sud-Ouest de l’Europe avec notemment l’Italie, la France, l’Espagne qui développent le phénomène associatif refusent cet état de fait et y opposent
une forte résistance.

Pour la ou les compréhensions et appréciations sociales, il nous est nécessaire, ànous militants associatifs ou politiques, de tous les pays européens, d’intégrer ces données afin d’agir de façon conséquente.

Jean Luc, Sylvain
Délégués du réseau d’AC ! àBerlin.

- quelques photos...


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