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“GRÈVE DES CHÔMEURS ET PRÉCAIRES

vendredi 30 avril 2010


Il y a 30 ans déjà, Coluche disait : " A la télé ils disent tous les jours : « Y a trois millions de personnes qui veulent du travail  ». C’est pas vrai : de l’argent leur suffirait ! "

On pourrait exiger aujourd’hui " la thune et la paix ! ". Pure provoc’ de feignasse ? Pas si sà»r...

Dans un contexte de "crise économique" (rengaine de 30 ans), quand on parle de chômeurs c’est en réalité :
→ l’explosion du chômage : 2 millions 700 000 chômeurs officiels, près de 6 millions déclarés.

→ 2/3 des offres de Pôle Emploi sont des emplois précaires, et moins de 200 000 offres sont proposées sur le site en ligne.

→ des cotisations dont on voit peu la couleur quand on en a besoin, sans cesse dégrêvées pour les patrons et augmentées pour les salariés.

→ le fonctionnement inhumain de Pôle Emploi (et pas que) : plate forme téléphonique 3949 déshumanisée, démarches
kafkaïennes, retards de paiement, perte de dossiers…

→ une politique de radiation et de contrôle des chômeurs : suivi mensuel obligatoire oppressant et stérile, obligation
d’obéir au doigt et àl’oeil aux prescriptions de Pôle Emploi et àses sous-traitants.

Pendant ce temps, les patrons et actionnaires continuent de faire leur beurre ici ou ailleurs, profitant de notre précarité.
Pendant ce temps les politiques n’ont pas de compte àrendre, eux, sur leur train de vie de possesseurs de Rolex. Pendant
ce temps on renfloue les banques avec de l’argent public (notre argent), on subventionne des entreprises sans quasiment
aucune exigence... Car si la crise est là, le gâteau aussi. Et on ose nous dire qu’il va falloir se serrer la ceinture,
travailler plus pour déprimer plus, faire la chasse aux trains de vie d’allocataires pas assez chiches.

Pour Pôle Emploi, ses sous-traitants, la CAF, les boîtes d’intérim, les professionnels de "l’insertion", les patrons, il
faudrait accepter n’importe quel travail, qu’ils nous "offrent", sous peine de perdre un/e allocation/salaire de survie. Et
qu’en plus nous soyons reconnaissant.

Devrions-nous avoir honte de ne pas savoir nous vendre àn’importe quel employeur, honte de ne pas vouloir
déménager pour un boulot, honte de ne pas accepter tout et n’importe quoi,
de ne pas plier, en somme, devant la raison économique ?
Pas de honte qui tienne. Nous avons mieux àfaire.
Enfin quoi. Voulons-nous un boulot de merde payé des miettes (... du gâteau !) ?

Ayons le courage d’inventer ensemble la grève des chômeurs et précaires ! Car nous en avons besoin.

Nous devons déjàréaliser un mouvement de refus ; refus de la précarisation de nos ressources, des conditions de
travail, refus de notre isolement dans la (dé)responsabilisation coupable et le calcul égoïste, refus de la mise àdisposition
de notre temps et de nous-même aux patrons exploiteurs et àla mise en oeuvre de notre employabilité (évaluations,
entretiens, coaching, stages bénévoles, démarches positives et répétées de recherches d’emploi, exploitation de nos
"compétences" et de nos réseaux sociaux, ...). Car nous avons besoin de nous libérer du contrôle, et des préoccupations
de survie individuelle, nous avons besoin de reprendre notre temps pour envisager une vie réappropriée.

Si on nous juge aptes àtravailler notre employabilité, àadopter la logique de l’auto-entrepreneur, alors nous pouvons
tout aussi bien réapprendre un vivre-ensemble, entreprendre des gestes de réappropriation de ce dont on a besoin pour
vivre et de ce que l’on décide comme étant utile, de partage de ce que nous produisons et d’intelligence collective ; nous avons
beaucoup àgagner àse dégager ensemble de l’emprise déshumanisante de l’économie politique capitaliste.

L’idée d’une “GRÈVE DES CHÔMEURS ET PRÉCAIRES” faisant son chemin, nous voyons ça ainsi :

→ d’abord se retrouver pour rompre l’isolement. Collectivement, nous pouvons résister àcette machine àbroyer, et
envisager plus de liberté par la solidarité.

→ s’organiser pour imposer aux institutions (PE, CAF, ...) l’arrêt des radiations, afin d’empêcher que quiconque se
retrouve sans revenu.

→ affirmer qu’on n’a pas àfaire sans arrêt les preuves de notre bonne volonté, qu’on n’est pas responsables du
chômage ni de la précarité, qu’on en a marre d’être tout le temps évalués, dévalorisés, suspectés, culpabilisés...

→ affirmer que nous préférerions des formes coopératives, égalitaires, écologiques d’activité, où nous puissions avoir
prise sur notre implication, plutôt que des boulots alimentaires plus ou moins dénués de sens voire néfastes, mal payés,
sous les ordres d’un petit chef. On ne veut plus accepter n’importe quoi. On veut même pouvoir faire selon nos
propres exigences individuelles et collectives.

Précaires de toutes sortes, il est temps de se rencontrer car nous avons àfaire et àdéfaire !

Dans plusieurs villes des précaires et chômeurs s’organisent. À Tours, en même temps qu’àRennes, Brest, Paris,
Montreuil, etc. nous proposons lundi 3 mai, la mise en place d’espaces permettant la rencontre et l’expression, sur la base
de nos préoccupations autour de la précarité et de la grève des chômeurs.

Notre collectif revendique des Ressources pour tous, la Gratuité des biens communs, l’Arrêt des contrôles des précaires.

(Collectif-précaires de Tours precairestours@no-log.org 0659449916 http://precairestours.eklablog.com)


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