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Sangatte,

expérimentation des politiques sécuritaires.

lundi 2 décembre 2002, par le réseau d’AC !


Quatre mois avant la date prévue, après un marchandage conclu entre les gouvernements français et anglais, Sangatte fermera ses portes le 30 décembre prochain. L’Europe des libertés qu’on nous avait promise est bien loin : visiblement on n’a pas besoin d’être d’accord sur l’€uro pour être d’accord sur les coups de matraques...

En France, la loi de sécurité quotidienne (LSQ), adoptée par la gauche plurielle en novembre 2001, commence às’appliquer. Elle prévoit, entre autres, de condamner à7 500 €uros d’amende et d’emprisonner pour six mois ceux qui n’ont pas les moyens d’acquérir leur billet de train.

Aujourd’hui, le projet de loi de sécurité intérieure veut criminaliser plus encore les sans revenu, les sans-papiers, les sans domicile, les personnes qui s’adonnent àla prostitution, les squatters, les teuffeurs etc. tendant ainsi àrendre permanente une véritable guerre sociale contre tous les précaires.

Cette logique sécuritaire atteint l’un de ses sommets aux alentours de Calais où sont déployés d’impressionnants effectifs policiers (3 500 CRS).

Depuis la fermeture du centre de Sangatte le 5 novembre, les brutalités policières contre les réfugiés se multiplient. La surveillance de leurs déplacements s’étend bien au-delàde Calais pour s’exercer sur l’ensemble des points de passage potentiels : gares d’arrivée des trains venant d’Italie comme Bercy ; gare de transit vers l’Angleterre comme la Gare du Nord, gares de Lille, Calais, Dunkerque, Caen etc.

Avec ces contrôles renforcés, on cherche àdécourager, àdisperser, et pour tout dire àrendre invisibles ces migrants. Leur errance vise àtrouver en Angleterre des conditions d’accueil moins inacceptables qu’ailleurs : accès àun logement, àun revenu minimal, àla santé, àl’emploi. Autant de conditions mises en cause par la tendance àl’harmonisation vers le bas des politiques sociales et des garanties appliquées aux justiciables en Europe, en particulier en matière d’asile et d’immigration. L’état d’exception deviendrait ainsi une norme européenne...

Les sans-papiers exclus du centre de Sangatte ont occupé successivement deux gymnases puis une église. Ils ont, àla demande de la Mairie puis de la Préfecture, été expulsés par la police. Un « dispositif préfectoral àvisage humain  » expédie chaque jour des sans-papiers aux six coins de l’hexagone dans des CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile) tandis que ceux qui n’acceptent pas cette « offre  » sont en permanence pourchassés. Aujourd’hui, entre existence précaire en France ou en Angleterre, disparition dans la clandestinité ou expulsion vers un pays en guerre, la loterie Blunkett-Sarkozy ne laisse aucune place aux choix et désirs des migrants.

Nous exigeons, àCalais comme ailleurs, que soient respectés les droits fondamentaux des migrants et de tous les précaires :

- liberté de circulation et d’installation,
- droit au logement, àla santé, au revenu,
- régularisation de tous les sans-papiers par carte de dix ans, ouvrant droit àl’ensemble de la protection sociale commune
- abrogation de la LSQ et retrait du projet Sarkozy (LSI) !

Dans le cadre de la journée coordonnée contre les lois sécuritaires, nous appelons àmanifester le 15 décembre àCalais à15 h devant la mairie .

  • AC ! - Agir ensemble contre le Chômage - 42 rue d’Avron - 75020 Paris - tél. : 01.43.73.36.57 - fax : 01.43.73.00.03 - email.

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