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D’erreurs en acharnement judiciaires, deux innocents sont en prison

affaire Launay et Marie

vendredi 7 juin 2002, par le réseau d’AC !


Au Mans (72), au cours d’une altercation entre deux associations de chômeurs, AC ! et Indépendants, dans la nuit du 26 au 27 mai 1998, une jeune femme, Isabelle FERRON, indépendante, tombe inanimée et décède peu après dans des circonstances mal définies. La mort d’Isabelle est bien sà»r une tragédie et il faut d’urgence un coupable. On en désigne tout d’abord deux, mais l’accusation ne tient pas. Qu’importe voici deux autres coupables idéals puisqu’ils sont démunis et peu capables de se défendre !

En octobre 2000, Michel LAUNAY et Yannick MARIE, sont condamnés respectivement à10 et 5 ans de réclusion criminelle sur la base d’un diagnostic de strangulation. Leurs nouveaux défenseurs Maîtres De Félice et Terrel pensent se trouver devant un cas d’homicide involontaire. L’étude approfondie du dossier leur montre les graves lacunes de l’instruction et les persuade de l’innocence de Michel et Yannick. Depuis décembre 2001, quatre experts médicaux indépendants et trois experts médicaux désignés par la Cour d’Angers, estiment « qu’Isabelle n’est pas morte de strangulation, les marques relevées sur son cou sont celles des cathéters utilisés lors de la tentative de réanimation  ».

Si Isabelle n’est pas morte d’un reflux gastrique ni d’une tentative de strangulation, il reste donc àtrouver les vraies raisons de sa mort. Cela va relever d’un véritable parcours du combattant.

En effet, la défense a mis en évidence un certain nombre de « dysfonctionnements  » absolument effarants quand deux personnes sont en prison. Lors du procès d’octobre 2000, Michel et Yannick ont été jugés en l’absence du rapport du Samu, du rapport des pompiers et du dossier médical d’Isabelle ! Depuis, les avocats ont constaté la disparition de scellés, du cÅ“ur et des poumons, et des fautes techniques grossières dans le mode de conservation des scellés restants.

Pour ces raisons, les avocats ont porté plainte contre X pour « altération de preuves dans le but de faire obstacle àla manifestation de la vérité, détournement d’objets placés sous scellés, faux, etc...  » A la date du 29 mars 2002, le procureur du Mans a donné un délai de quatre mois pour instruire cette plainte : les premières conclusions de l’enquête n’arriveront que fin juillet. Or, le procès en appel de Yannick et Michel est prévu, lui pour le 12, 13 et 14 juin prochain ! Il risque donc d’être bâclé comme celui d’octobre 2000 parce que les rapports liés àla nuit tragique du 26 au 27 mai 1998 ne sont toujours pas produits et que les conclusions sur la plainte des avocats n’arriveront qu’après le procès ! La justice ne peut absolument pas se prononcer de façon équitable sans ces différents éléments.

En toute logique, la défense a demandé àcinq reprises, la remise en liberté des deux hommes incarcérés àla prison de Rennes. Fait rarissime, le parquet d’Angers s’y est associé par 3 fois. La Cour d’Angers a siégé (par 4 fois àhuis clos) et a rejeté ces demandes. A cette date, tous les recours judiciaires, sauf la plainte devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (mais qui peut prendre quatre ans), ont été épuisés.

Un comité de soutien àMichel Launay et Yannick Marie s’est constitué autour de Jean louis Launay (frère de Michel) ; il regroupe : les avocats - Me de Felice et Me Terrel -,des personnalités - Albert Jacquart, Léon Schwarzenberg, Mgr Gaillot, Maurice Rafjus -, des organisations et des associations militantes - la Ligue Des Droits de l’Homme, la Confédération Paysanne, Sud PTT, Agir contre le chômage -Groupe des 10 solidaires- Syndicat de la magistrature- Droit Au Logement- Comité Des Sans Logis - Droits Devant - APEIS - des militants indépendants et des amis d’Isabelle Ferron.

Ensemble, nous vous appelons àvous mobiliser pour que justice soit rendue àMichel, àYannick et àIsabelle. Il est de la responsabilité de chacun de faire cesser cette tragédie et d’être présent le 12 juin au Palais de Justice d’Angers ou les avocats vont demander la libération immédiate et l’acquittement de Michel Launay et Yannick Marie.

Contacts : comité de soutien àLAUNAY / MARIE - tél. : 01.48.69.16.08 - 01.45.44.15.33
AC ! sur place - tél. : 06.65.20.48.11

  • AC ! - Agir ensemble contre le Chômage - 42 rue d’Avron - 75020 Paris - tél. : 01.43.73.36.57 - fax : 01.43.73.00.03 - email.

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